19/11/2006

Pluie d'or

Je sors et il pleut de l’or. Me baisser pour le ramasser ? Quelle idée ! Car lorsqu’il touche le sol, il disparaît comme par enchantement. Oh, mais que je suis étourdie ! Ne vous ai-je pas dit de quel or il s’agissait ? C’est celui que nous laissent les feuilles des arbres lorsqu’elles sont sur le point de tomber et lorsqu’elles s’envolent. automne2Et, dans leur voyage vers la Terre, elles laissent les rayons du soleil les traverser, virevoltant comme des paillettes dorées.

Et oui, ce sont grâce à ces feuilles aux couleurs éclatantes que l’automne nous fait chaleureusement signe. Les tons cuivre, châtaigne, jaune et rouge mêlent le ciel et la terre dans une merveilleuse pluie d’or. Je ne saurai détacher mon regard de pareille merveille, amenée malgré moi à une contemplation silencieuse. Et je regarde l'automne avec des yeux d'enfants. Et toujours je me repaisse de cette beauté comme si c'était la dernière fois. Je la laisse ainsi emplir mon coeur de lumière en attendant les premiers flocons de l'hiver.

21:22 Écrit par Alkiragaiia dans Réfléxion | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

11/11/2006

La plume et le désert

Les feuilles de parchemins sont étalées devant elle, tantôt les unes sur les autres, tantôt regroupées. Certaines sont emplies de son passé, d’autres ne demandent qu’à être écrites. Et elle passe à présent son temps à relire ces mots qu’elle coucha sur les parchemins de sa main il y a quelques temps déjà. Elle ne saurait dire combien exactement ; cette notion lui avait échappé. Cependant, par delà le temps qui s’écoule, un espoir demeure en elle : celui de remplir ces parchemins encore immaculés. Mais ses muses s’étaient trop éloignées d’elle pour que sa plume daigne griffonner quelconque pensée.

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Elle prend une de ces feuilles dans ses mains et la fixe de ses yeux tristes qui ne peuvent alors plus s’en détacher. Son histoire semble s’être figée, tout comme elle. Petit à petit, en cette feuille blanche se dessine d’amples formes d’un ton orangé où se démarque un bleu azur éclatant. Ces traits forment à présent un vaste désert aux dunes de sables si douces et si belles. Pas un nuage ne vient assombrir le ciel. Puis elle écoute le désert et, surprise, n’entent rien d’autre que le silence. C’est si tranquille que son angoisse s’évapore sous la chaleur du soleil. Il n’y a pas un cri, pas un murmure, pas même celui du vent chaud. La sérénité l’envahit et elle se laisse aller à fermer les yeux pour mieux se fondre dans sa rêverie.

Lorsqu’elle rouvre les yeux, le désert n’est plus. Alors elle prend sa plume ainsi que la feuille de parchemin qu’elle tenait dans ses mains et se met à écrire ce que ses muses lui ont montré. Celles-ci l’ont emporté plus loin qu’elle n’aurait songé et elles n’auraient pu la pousser à exprimer plus que ce qu’elle ressentait.

(Photo du site http://www.couleurs-sables.com/)

22:40 Écrit par Alkiragaiia dans Rêverie | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |