15/09/2005

Le Temps

Loin de moi-même parfois, je regarde les gens qui m’entourent. Je les voient vivre, aller au travail, faire les magasins, prendre la route, ect. Et de haut, quant on y pense sans y penser, on se croirait regarder un film en accéléré. Tous ces gens qui cherchent à faire les choses toujours plus vite, cherchant à subtiliser le Temps.

Ils se lèvent le matin en le maudissant de les arracher de leur sommeil, jamais en bénissant cette nouvelle journée offerte. Ils se couchent le soir en se sentant volés de celui qui, selon eux, leur appartenait, ce qu’ils ne sauront jamais vraiment définir.

Mais ils essayent encore d’en gagner, sans relâche, envers et contre tout, même des lois de la nature elles-mêmes. Et ils ne toucheront jamais ce prix ; ils le payeront, d’autant plus vite que le Temps finira par les rattraper et par se venger de ce qu’on a essayé de lui voler. Et ces gens, au fond d’eux-mêmes, en ont conscience. C’est pourquoi leur sourire, leur gentillesse, leur patience, leur amabilité s’envolent, ce qui fait que ce monde est à la dérive. Il n’est alors fait que de stress, de perdition et de solitude.

Il doit exister un juste milieu entre s’abandonner aux exigences du Monde et profiter de chaque minute. On l’appelle le présent, où un sourire donne tant.

09:07 Écrit par Alkiragaiia | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Belle vision ... J'aime cette vision altruiste et posée des choses et je m'emploie souvent à la conserver également, même si le quotidien est comme une vague de fond qu'on ne sent pas toujours venir et qui nous emporte avant même qu'on n'y prenne garde. La fatigue et les frustrations ont vite fait de nous faire perdre pied et céder à nos humeurs.

Je suis souvent frustré, dans toutes ces journées qui s'écoulent, de toutes ces choses que j'aime faire et devant lesquelles je dois faire passer celles que je dois faire. Mais quand je sens que je me laisse envahir, je finis par m'arrêter et regarder les autres passer, le temps pour moi de les redécouvrir, les comprendre, les sentir et les voir plus qu'un instant fugitif.

Mais on se sent souvent seul et marginal quand on s'arrête et que personne ne s'arrête véritablement avec nous, du moins c'est mon sentiment. C'est pour ça qu'on rêve d'à venir plutôt que de regarder en face le présent et de lui sourire : de peur qu'il soit trop difficile de sourire à son seul reflet si on ne devait trouver personne pour s'arrêter ...

Sur internet lui-même on constate qu'à force on ne prend plus le temps de répondre aux gens, on ne prend plus le temps d'aller vers eux leur parler et on ne prend plus celui de créer un échange et un partage ...

C'est dommage au fond ...

Écrit par : Songe | 22/09/2005

Les commentaires sont fermés.