23/07/2005

Implosion

Révolte à l'intérieur
Silence à l'extérieur
Cri qui s'évanouit
Dans le gouffre des non-dits
Chercher à comprendre
Et que personne n'entende
Je cherche une présence
Pour fuir cette absence
Les mots sans cesse résonnent
Dans la solitude où je m'abandonne
Détresse invisible
Tristesse indicible
Encore seule je suis
Une larme dans l'oubli.

18:55 Écrit par Alkiragaiia | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

20/07/2005

Les histoires: la vérité en chaque mot

A chaque instant, à chaque minute, il se créé autant d'histoires qu'il y a d'êtres en ce monde. Certaines retracent notre vie, d'autres sont issues de notre imagination. Pourtant, d'une façon ou d'une autre, toutes sont véridiques.

Car lorsque nous écrivons un récit, nous n'y sommes pas étranger, bien au contraire. Même un récit fantaisiste ou farfelu, futuriste ou improbable, ect contient une part de nous-mêmes : une opinion, une pensée, une vérité, une morale, une révélation... Il raconte notre histoire comme de simples faits auraient pu le relater, le tout en étant notre reflet et non une tâche floue.

Ainsi, en cette heure et en ce jour, tel est mon message : ne vous contentez pas d’absorber des mots, essayer de voir au delà. Lire entre les lignes c’est apprendre à connaître l’être qui se cache derrière les mots, la connaître même davantage que ce que l'on croyait. Ou bien encore la découvrir et lui réapprendre que la solitude n'est le naturel d'aucun être, quel qu'il soit.

15:21 Écrit par Alkiragaiia | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

14/07/2005

Ombre - épisode 4 "Vers le ciel"

A peine la phrase d'Ombre était-elle terminée que nous nous trouvions plus qu'à quelques centimètres l'une de l'autre. Je me tins sur la défensive, me contentant d'éviter ou de bloquer ses coups. Nos gestes s'accélerèrent; bientôt, ils me submergèrent. Je ne savais que faire pour contrer cet affrontement dont je voyais déjà l'échec se profiler à l'horizon de mon avenir. Et je continuais d'imaginer les échecs en découlant, comme si ma volonté n'était plus.

- Comment peux-tu vaincre si tu as déjà accepté ta défaite? répondit Ombre à mes pensées.

Ses dires me troublèrent et elle en profita pour redoubler de force et d'efficacité dans ses assauts. Je me savais perdu, ayant abandonné. Chaque coup m'affaiblissait davantage. J'essayais en vain de résister mais je n'y arrivais pas, le souffle court, ma détresse accrue. Je ne voulais pas m'arrêter, et pourtant j'abandonnais. Chose inespérée, Ombre s'éloigna de quelques pas, cessant le combat, me laissant glisser au sol. La voyant revenir vers moi, je me levai tant bien que mal, la fuillant, profitant de se répis pour retrouver mon souffle.

- Je croyais que l'Oracle voulait que tu m'aides, lâchai-je avec rancoeur.
- Je ne te laisserai pas oublier ce que Ingenia t'a transmis. Tu t'en souviens ?
- Justement, ce n'est qu'un souvenir. Je ne pourrais jamais la faire revivre. Elle est morte, tu as oublié?!
- Elle est morte pour toi! Ingenia t'a appris à être forte, à te battre et à être indulgente envers toi-même. Elle a peut-être disparu mais son savoir demeure, tant qu'il y aura quelqu'un pour le transmettre. Elle se battait avec art, exactitude, toujours en apprentissage.
- Ingenia n'était que rancune et colère, privée d'amour et d'espoir. Elle était indifférente à ce qui lui arrivait. Elle ne ressentait rien !
- Elle a été trahie ! Et tu sais qu'à sa place, tu aurais réagi de la même façon! Mais avant, ne te souviens-tu pas à quel point elle pouvait être sage, à l'écoute, aimant partager et enrichir ses connaissances? ça, je ne l'ai pas oublié.

Ombre avait raison; je le savais. Ce qui me terrassa davantage.
- Je me sens si faible, avouai-je, les larmes aux yeux, la voix cassée. J'ai essayé, pleurai-je. Je n'ai plus la force, je... Je pense à tellement de choses qui m'effraient qu'elles finissent pas me posséder jour et nuit.

Ombre s'approcha de moi, compatissante.
- Voilà pourquoi tu n'arrives plus à te battre. Tu t'ais battu pour obtenir ce que tu voulais. Et tu te bats à présent contre tes peurs, celles de perdre ce que tu as eu tellement de mal à construire. Mais tout ce que tu as existe, alors pourquoi continuer à vouloir te battre?
- Je l'ignore, dis-je, en pleurs, épuisée.
- Pour ne plus oublier, tu dois te battre en suivant ta voie, égale à ce que tu es et non à ce que tu voudrais ou ne pas être, l'esprit libre. C'est le seul moyen de retrouver la maîtrise de toi-même. Mais avant, souviens-toi que "même le plus valeureux des guerriers a besoin de repos".

Je ne sais pourquoi mais, sur l'instant, ces mots me firent sourire. Je les avais déjà entendu par le passé mais pas ces derniers temps, malheureusement.
- Ingénia, non? me demanda Ombre.
- Non, Digno, répondis-je.

Le cri d'un oiseau éveilla notre attention. Un faucon vint se poser sur un rebord de la pièce, en hauteur. J'aurais voulu m'envoler avec lui loin de cet endroit. Et, comme pour répondre à ma prière silencieuse, Ombre ajouta:
- Nous devons partir à présent. Le faucon nous guidera.

Ce jour-là, Ombre et moi repartîmes chacune de notre côté. Le silence nous entourait, chargé de ma reconnaissance et de sa sympathie. Il me faudrait du temps avant de comprendre tous les aspects des paroles d'Ombre. Je croyais encore à beaucoup de chimères lorsque je quittai le palais de l'Oracle. Mais j'avais acquis une certitude : bientôt, je laisserai la quiétude les emporter, lentement, au gré du vent, pour que renaisse le savoir que l'on m'a enseigné.

A suivre...

22:49 Écrit par Alkiragaiia | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

12/07/2005

Ombre - épisode 3 "Impuissance"

Je marchais, seule. Mes pas semblaient hasardeux mais ils ne l'étaient pas. Je marchaient vers les sommets d'une terre dont j'ignore encore le nom, ni même si elle existait vraiment. Au lieu de me laisser venir à lui, c'est lui qui vint à moi, le palais de l'oracle. Un fois déjà j'étais venu mais c'était en un autre temps et je ne portait pas le même nom ni n'avait pas le même visage. Mais je savais où je voulais aller et qui je voulais rencontrer. Elle seule pouvait m'aider à trouver la voix.

J'arrivai vite au bas de l'édifice, gravissant les marches de pierre, jusqu'à une terrasse aussi clair et lumineuse que du marbre. Non loin de là s'ouvrait à moi un large couloir tout aussi beau. Je suis déjà passé par ce passage, pas moins désert que par le passé. Mais au lieu de me conduire dans la même salle, celle aux quatre escaliers menant à l'Oracle, j'en découvris une autre, plus petite, le toit ouvert, seulement de la fine pelouse recouvrant le sol. Il fallut que j'y entre, confiante encore, pour que je vois seulement qu'elle était là. Pas l'Orcle, malheureusement, Ombre. Elle m'attendait. Avant que j'ai eu le temps de faire demi-tour, les portes se refermèrent après mon passage. La peur commençait à me gagner en même temps que les souvenirs de notre dernière rencontre. Et, pas plus qu'à ce moment, je n'aurais su l'affronter.

Je demeurais à distance, observant cette femme qui, appuyée contre le mur, faisait mine de ne pas sentir ma présence, immobile, fixant le sol de son regard froid.
- Je ne suis pas venue ici pour me battre, dis-je.
- Je sais, me répondit-elle. Tu es venue voir l'Oracle (elle s'éloigna du mur pour me faire face) mais tu ne la verras pas. Elle connait déjà ta question pourtant elle ne peut y répondre; c'est le message qu'elle m'a demandé de te transmettre. Elle m'a aussi dit que je pouvais t'aider si tu le souhaitais.

J'étais surprise de ces mots car je la savais contre moi depuis toujours, rêvant de m'anéantir et de me laisser pour morte.
- Comment pourrais-tu m'aider ? Il n'y a que l'Oracle qui le peut.
- C'est faux et tu le sais. L'Oracle ne dit les choses que lorsqu'elles ont été comprises. Elle ne peut que te montrer le chemin.

Ombre commençait à bouger, lentement, tournant autour de moi, se mettant en position de combat. Elle ne me quittait plus des yeux, et je ne bougeai pas.
- Je t'ai dis que je ne voulais pas...
- Crois-tu que je te laisse le choix? rétorqua Ombre en passant à l'attaque.

A suivre...

21:57 Écrit par Alkiragaiia | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

10/07/2005

Ombre - épisode 2 "L'affrontement désespéré"

Avant même de la voir, je savais qui elle était. Une elfe maléfique qui me tourmentait. Je la savais derrière chacun de mes pas, attendant la moindre faille pour se manifester. Mais avant cela, elle m’envoya ses spectres, des créatures ayant soif d’âmes. Eux, je les voyais sans cesse mais elle, je ne la voyais jamais distinctement, seulement du coin de l’œil lorsque je ne faisais pas attention. Dès le jour où je décidai d’aller jusqu’au bout de mes objectifs, elle savait que ses serviteurs ne serviraient plus à rien contre moi car j’étais prête à tout. Ce qui nous conduisit à l’affrontement.

Je croyais pouvoir me battre. Je me trompais. Sans que j’ai eu le temps de réagir, elle bondit et m’assena quelques coups avant de plaquer une lame froide sur mon cou. Je m’immobilisai, soumise à sa force que je voulais surpasser, ou du moins retourner à mon avantage. Je ne pouvais rien faire et elle le savait, accentuant sa pression.
- Tes efforts sont vains, me fit-elle. Tu ne te bats pas, tu survies !
- Alors pourquoi laisses-tu le vide emplir mon âme au lieu d’y mettre fin ? répondis-je avec le peu de hargne qu’il me restait.
- En souvenir d’une personne que je respectais autrefois, qui savait se battre et qui n’avait pas peur. Elle répondait au nom d’Ingenia.

Je n’ignorais pas de qui elle parlait mais son souvenir raviva celui d’une période de perdition.
- Ingenia n’était plus que tristesse et solitude.
- Es-tu si différente ? Ingenia, elle, avait la force et la volonté d’aller au-delà de ses limites, de se battre. Tu as perdu ce qu’elle t’a transmis. (elle continua d’une voix plus grave, pesant ses mots) Tu es seule, emprisonnée par tes propres sortilèges !

Elle me relâcha et je pus respirer, m’écroulant à moitié au sol.
- Que veux-tu dire ?
- Simplement que tu ne te connais pas aussi bien que tu le prétends. (courte pause) Et que je ne t’ai pas envoyé ces spectres.
Incrédule et perdue, je laissai s’échapper quelques larmes.
- Ta solitude te rend aveugle et indigne d’être combattue. Toi seule peut trouver ce que tu as perdu.

Sur ces mots, Ombre s'éloigna et disparut. Etrangement, j'avais le sentiment que je ne la reverrai pas avant fort longtemps.

11:27 Écrit par Alkiragaiia | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

06/07/2005

Sourire


Quant le bonheur est à notre portée
Mais que les incertitudes les tiennent éloignés
Il ne faut pas oublier
Qu'un simple sourire peu les effacer

15:15 Écrit par Alkiragaiia | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

01/07/2005

Ombre - épisode 1 "Miroir Brisé"


Ombre… Nom qui, sans équivoque, appelle les ténèbres et nous y plonge sans vergogne. L’être qui le porte a hanté mes jours comme mes nuits, et cela durant de nombreuses lunes. Et ce n’est que maintenant que je suis en mesure de vous mettre en garde. Pourquoi n’ais-je pu le faire avant, me demanderez-vous. Les spectres…

Tout a commencé par des murmures, des voix dont on voudrait pouvoir s’éloigner, même pour seulement quelques instants. J’ai essayé, en vain. Mais où que j’aille et aussi loin que je m’enfuyais, je les entendais toujours. Ils m’entouraient en permanence, m’oppressant, me murmurant des choses terrifiantes avec des voix qui m’étaient si familières. L’espoir les repousse. Mais, à l’usure, son opposé s’empare de nous. Rien qu’une seconde, j’ai abandonné, et j’ai fini par croire ce qu’ils disaient. Et cette seconde a suffit pour que l’un d’entre eux se glisse en moi. Aveugle, incapable de penser, je me trouvais piégée dans l’attente qu’il quitte ma conscience. Mais avant, les larmes coulèrent, et coulèrent encore.

D’une façon ou d’une autre, tout devait se terminer, je le savais, les spectres aussi. Ils s’en allèrent mais le temps continua sa course alors que j’y semblais suspendue. Je savais que ce qui me poursuivait était bien plus que des fantômes. Du coin de l’œil, lorsque je ne faisais pas attention, je voyais sa silhouette, sombre, ancestrale, maléfique. C’était elle qui me suivait dans ma fuite. Elle qui se tapissait dans l’ombre chaque nuit où je pleurais, seule. J’ai pourtant continué ma route, décidée à en atteindre la fin quoi qu’il m’en coûte. Elle essaya de ma barrer le chemin. Mais ma détermination demeurait. Et, lorsque ce fut le cas, enfin elle me fit face ouvertement.

Une elfe maléfique qui, par son apparence, tenta de me faire peur, en vain. Elle dissimulait son échec par un sourire narquois, sûre de gagner cette bataille. Elle me croyait sans arme, je ne l’étais pas. Elle se rua vers moi, je l’attendais, sentant ma révolte d’être enchaînée à mes peurs. Et, lorsque nos armes s’entre choquèrent, tout s’arrêta net, figé. L’elfe maléfique se fissura et son image se brisa. Je restai immobile un instant, dans le doute. Au sol, il ne restait que des morceaux de miroir brisé. Quant, avec prudence, je me penchai vers un des morceaux, l’image s’estompa et une autre se forma. Dans ce bout de miroir, je ne voyais plus le reflet de l’elfe ; mais le mien.

A suivre...

18:39 Écrit par Alkiragaiia | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |